La médecine traditionnelle d'Afrique de l'Ouest regroupe une mosaïque de pratiques issues de dizaines d'ethnies — wolof, baoulé, fon, ewé, akan, peule — mais partage un socle commun : une pharmacopée végétale extrêmement riche, transmise oralement, et une conception de la santé indissociable de l'équilibre communautaire et spirituel de la personne soignée.
Le rôle central du tradipraticien
Dans cette tradition, le soin ne repose pas uniquement sur la plante, mais sur la relation entre le patient et le tradipraticien — guérisseur, herboriste ou guérisseuse dépositaire d'un savoir transmis de génération en génération, souvent au sein d'une même lignée familiale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'une majorité de la population ouest-africaine a recours, en première intention, à cette médecine traditionnelle, aux côtés du système de santé conventionnel.
Cette transmission orale, longtemps restée en marge de la recherche scientifique occidentale, fait aujourd'hui l'objet d'un travail de documentation universitaire, notamment via des institutions comme le LaBVePhaT de l'Université d'Abomey-Calavi (Bénin) ou les cycles de conférences en ethnopharmacologie de l'Université de Lomé (Togo).
Le Griffonia, plante de l'équilibre nerveux
Originaire du Ghana, de Côte d'Ivoire et du Togo, le Griffonia simplicifolia est une liane dont les graines sont traditionnellement utilisées pour leur richesse naturelle en 5-HTP, précurseur de la sérotonine. Cette plante illustre bien la logique de la pharmacopée ouest-africaine : une observation empirique fine des effets d'une graine sur l'humeur et le sommeil, précédant de loin sa caractérisation biochimique moderne.
Le Moringa, l'arbre du Sahel
Le Moringa oleifera occupe une place à part dans les usages traditionnels du Sahel, en particulier au Sénégal, où il est cultivé et consommé quotidiennement pour sa densité nutritionnelle exceptionnelle — vitamines, minéraux, composés antioxydants. Utilisé traditionnellement en période de disette ou de convalescence, le Moringa est aujourd'hui l'un des végétaux africains les plus étudiés sur le plan nutritionnel.
Une collaboration de terrain, pas une inspiration décorative
Chez Böö, l'exploration de cette médecine traditionnelle passe par des partenariats directs avec des praticiennes et chercheurs du terrain : la tradipraticienne sénégalaise Ramata Sidibé, ou encore le Dr Assongba Yédjanlognon Faustin, enseignant-chercheur au Bénin, avec qui Böö documente les usages traditionnels dans le respect du Protocole de Nagoya — consentement préalable, conditions convenues et partage juste des bénéfices avec les détenteurs du savoir.
Documenter une plante africaine sans reconnaître ni rémunérer ceux qui en sont les gardiens historiques serait une forme de biopiraterie. C'est précisément ce que la démarche de Böö cherche à éviter, en construisant chaque collaboration sur une base contractuelle claire plutôt que sur une simple inspiration culturelle.
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